Islamophobie et réseaux néoconservateurs. L’histoire cachée des FEMEN (3/3) (Màj)

USA
Cette dernière partie est consacrée à l’internationalisation des FEMEN

Dès 2009, les FEMEN entendent devenir le premier mouvement féministe européen. Elles en sont loin. Néanmoins, elles ont réussi à faire parler d’elles au niveau mondial (à la Biennale de Venise par exemple). En France elles ont été reçues avec les honneurs (2012) et inspireront même le nouveau timbre Marianne (2013).

Dossier FEMEN

  • Islamophobie et réseaux néoconservateurs. L’histoire cachée des FEMEN (3/3)

Leur libertarisme de façade associé à des positions géopolitiques (objectivement) atlantistes et islamophobes leur ont néanmoins permis de s’attirer de solides soutiens au sein d’une partie de nos élites, à défaut de faire l’unanimité dans le reste de la population. Signe de l’opportunisme de l’organisme, en s’implantant en France, il abandonnera ses positions les plus réactionnaires (restriction de l’immigration, rétablissement de la peine de mort), au profit d’un combat facile contre l’Islam et l’Eglise, ou encore en faveur du mariage gay. Une thématique qu’elles n’avaient jamais traitée dans leur pays d’origine, allant jusqu’à pactiser avec des ultraconservateurs, comme démontré dans une première partie.

Caroline (Fourest) ange-gardien

Au sein de la gauche française, FEMEN a su s’attirer des soutiens auprès des Verts, du Parti de Gauche, mais aussi du PS. Il faut dire qu’en s’installant à Paris, elles ont fait de l’extrême-droite catholique un adversaire médiatique.

Pourtant, c’est sur fond d’islamophobie qu’elles ont en commun avec ces intégristes qu’elles susciteront leurs plus solides soutiens. En particulier dans la mouvance pro-américaine. Figure de ce courant,  Caroline Fourest, véritable ange-gardien. Au carrefour des milieux associatifs, journalistiques et politiques, c’est un allié de poids. L’avocat des FEMEN ? c’est le même que celui de la journaliste (Patrick Klugman, figure du Parti Socialiste, membre de la revue La Règle du Jeu).  Quand Inna Shevchenko obtenait en 2012 le statut de réfugié politique c’est notamment grâce à la journaliste et un de ses soutiens dans la mouvance diplomatique : Pascal Brice. Pour cet atlantiste en diable qui dirige l’organisme en charge du droit d’asile (OFPRA), celui (d’asile) offert en un temps record à l’Ukrainienne constitue « un grand de motif de fierté ». C’est ce qu’il déclarait dans une émission de radio de…Caroline Fourest qui lui était consacrée (France Inter, « Ils changent le monde »).

Un an plus tôt, c’est un autre membre du « réseau Fourest », le très néoconservateur François Zimeray, ex-Ambassadeur des droits de l’homme, qui se montrait particulièrement bienveillant envers Shevchenko.  Ce n’est pas tout, la parution d’un ouvrage d’entretien entre la militante et la journaliste est imminente.  Il ne s’agit pas d’un coup d’essai. Dès 2012 France 2 diffusait un documentaire de Fourest à la gloire du mouvement. L’experte reconnue de l’extrême-droite française s’y montrait complaisante vis-à-vis de son alter ego ukrainienne…

Dans le documentaire, il est en effet question, avec empathie, d’une « réunion de l’opposition » contre les résultats d’une « élection législative jouée d’avance ». On aperçoit alors distinctement dans la foule les drapeaux bleu et jaune du parti d’extrême-droite Svoboda. Il s’avère qu’à la tribune ce jour là se trouvait aussi le leader de l’extrême-droite ukrainienne Oleh Tyahnybok, celui-là même qui dénonçait dans les années 2000 la « racaille juive »….

svoboda-manif-oppositionContre-champ : Oleh Tyahnybok à la tribune de la réunion de « l’opposition »

L’hebdomadaire Charlie Hebdo dont est issue Caroline Fourest  est un des grands relais militants des FEMEN au sein de la gauche.

Charlie Hebdo 03/2013

L’occasion de rappeler que Charlie Hebdo est depuis plus de dix ans un allié plus ou moins constant des intérêts néoconservateurs. De Philippe Val à Charb.

Alliances troubles de Charlie Hebdo

A gauche : Mohamed Sifaoui, Philippe Val, Caroline Fourest et un Danois, le très néoconservateur Flemming Rose (2006)
A droite : Elisabeth Lévy, fondatrice du mensuel pro-israélien (et propriété d’un « magnat » d’extrême-droite) Causeur avec Charb (Photo Causeur, 2012)

La revue La Règle du Jeu, dirigée par Bernard-Henri Lévy (administrateur de la maison Grasset et par là même éditeur de Caroline Fourest, il incarne, à l’instar de la journaliste, une « gauche » anti-totalitaire et pro-israélienne), a été à la pointe dans la défense du mouvement.

Enfin, l’association « FEMEN France » a elle-même a été fondée par quelqu’un de proche des combats de Caroline Fourest, Safia Lebdi. Elle est issue de Ni Putes Ni Soumises, à qui l’on doit l’introduction dans le débat français de l’expression « fascisme vert ». Elle finira par claquer la porte. Trop indépendante pour subir le diktat de la direction ukrainienne, elle dénonce par ailleurs le racisme d’une partie de la direction du mouvement. D’autres militantes rejoignent le mouvement. Moins formées politiquement, aux idées parfois troubles.

 « Nous ne sommes pas dans un Etat islamique »

Qu’on en juge ce texte, au sujet de violences sur fond de religion et de racisme à Trappes. Il est signé par « Andromak »,  tatoueuse attitrée du groupe (jusqu’à son départ en décembre 2013) :

« C’est bien qu’ils brûlent leur ville, ça nous évite d’avoir à le faire. Nous ne sommes pas dans un état islamique […] Ces personnes n’aiment pas leur pays, ces personnes ne sont pas patriotes, ces personnes ne respectent pas la république. Ils usent de certaines de nos lois libertaires pour nous entrainer vers des conceptions liberticides qui demain leur permettrons de créer des lois répressives à l’égard de la république […]N’oublions pas que les extrêmes ne sont JAMAIS bénéfiques, et que même si un ras-le-bol générale laisse à penser pour certains que la solution serait de voter l’extrême aux prochaines élections, sachez que se ne serait prendre le même chemin que ceux que nous critiquons […]si chaque citoyen arrête de tourner la tête, de baiser les yeux au nom du syndrome colonial, nous avons une chance d’arriver à vivre ensemble« .  

Quand Inna Shevchenko plagie un auteur ultrasioniste

Un dérapage logique. Le discours officiel lui-même se « décomplexe ». Anna Hutsol utilisant l’expression « mentalité arabe » comme synonyme de « mentalité patriarcale ». Sasha Shevchenko comparant le voile…à un camp de concentration. Et Inna Shevchenko donnant dans un néoconservatisme digne du bushisme triomphant.  Face aux accusations d’islamophobie, elle écrit dans le Huffington Post :

« Nous sommes en guerre. Une guerre entre deux époques. Une guerre entre une mentalité rétrograde qui appartient au Moyen-Âge et une mentalité progressiste bien ancrée dans le 21ème siècle. Une guerre entre la liberté et l’oppression. Une guerre entre la démocratie et la dictature. Une guerre entre ceux qui traitent les femmes comme des chiens et celles qui crient ‘nous sommes des femmes, nous sommes des êtres humains !’. Une guerre entre ceux qui croient aux superstitions et ceux qui ont l’esprit clair.’

Une rhétorique calquée sur celle de Wafa Sultan, enfant chérie de l’extrême-droite pro-israélienne, depuis un fameux « dérapage » relayé par  MEMRI :

« Le conflit auquel nous assistons n’est pas un conflit de religions ou de civilisations. C’est un conflit entre deux opposés, entre deux époques. C’est un conflit entre une mentalité qui appartient au Moyen-Âge et une autre qui appartient au 21ème siècle. C’est un conflit qui oppose la civilisation au retard, ce qui est civilisé à ce qui est primitif, la barbarie à la raison. C’est un conflit entre la liberté et l’oppression, entre la démocratie et la dictature. C’est un conflit entre les droits de l’Homme d’une part, la violation de ces droits de l’autre. C’est un conflit qui oppose ceux qui traitent les femmes comme des animaux à ceux qui les traitent comme des êtres humains..[…] Ce sont les musulmans qui ont déclenché le conflit des civilisations. »

A l’époque, le premier média français à avoir relayer la « VF » des propos de Sultan n’est autre que le site de la revue de…Caroline Fourest. Le plagiat d’Inna Shevchenko a quant à lui été publié par le Huffington Post, plateforme qu’elle partage avec une certaine …Fourest Caroline.

Wafa Sulta, Mohamed Sifaoui, Geert WidlersWafa Sultan et la blogueuse pro-israélienne d’extrême-droite Pamela Geller / Sultan et deux proches de C.Fourest : Irshad Manji et Mohamed Sifaoui / Sultan et Geert Wilders

Au sujet d’Israël, justement, la position des FEMEN ? Une forme de complaisance paradoxale. Les FEMEN ont fait de l’ouverture d’une branche à Tel-Aviv, qu’elles qualifient de « capitale démocratique européenne », un « rêve ». Il s’agirait pour elles d’une sorte de plateforme avancée pour atteindre le monde arabe. Pas de quoi calmer les accusations de « deux poids deux mesures ».

Relents colonialistes

Il y a les dérapages verbaux mais aussi les actes. FEMEN a multiplié les mises en scène ridiculisant les croyants musulmans. Il y eut la très médiatisée « Topless jihad day », organisée en solidarité avec la FEMEN tunisienne Amina Sboui. Et une protestation aux JO de Londres, contre l’autorisation faite à des équipes de l’OIC de concourir voilées. La vidéo de cette dernière opération, que nous avons retrouvée dans le « deep web », fut peu relayée, on comprendra pourquoi.

D’aucuns répondront que FEMEN s’attaque également à des symboles chrétiens. Certes. Mais quand par exemple elles attaquent le Vatican, c’est pour le dénoncer comme un « caillot » au sein de la « civilisation du progrès ». A savoir l’Occident. Autre preuve de la hiérarchisation des cultures et des religions à laquelle elles se livrent, leur volonté affichée de « pousser le monde civilisé à boycotter les pays qui pratiquent des traditions islamiques barbares » (cf. FEMEN). Une rhétorique empreinte de colonialisme.

Let's get naked
Enfin, il faut noter qu’à la rentrée 2013,  le double langage (qui consistait par exemple à proclamer « mort à la sharia » en russerien qu’en russe) craquait définitivement, l’islam en tant que tel étant désigné comme adversaire : « L’islam n’est pas source de vertu. L’islam est source de violence et d’oppression » (statut Facebook).

FEMEN de demain ?

A l’été 2013, Anna Hutsol et Viktor Sviatski demandaient l’asile politique à la Suisse. La rentrée du groupe fut marquée par trois axes de lutte : la dénonciation de l’islam en tant que telle, de la prostitution et enfin, comme sortie de nulle part…une défense de l’immigration (sur fond d’anti-frontisme). Il n’est pas sûr que celle-ci en demandait autant. FEMEN a d’ailleurs été catalyseur de nouveaux groupuscules d’extrême-droite tels Hommen et Antigone.

Le manque de transparence du mouvement couplé à l’autoritarisme de ses dirigeants est un véritable frein à son expansion. Les branches Brésil et Belgique ont ainsi été dissoutes. Les membres historiques de FEMEN France ont quitté le mouvement.

Leurs positions islamophobes et occidentalistes leur ont assuré des soutiens. Mais celles-ci semblent aller à l’encontre des nouveaux rapports de force internationaux et d’un certain changement d’ambiance, avec par exemple une certaine banalisation des Frères Musulmans. En outre, l’année passée aura été marquée par un début de reconnaissance du phénomène islamophobe en tant que tel. Et c’est ainsi que Caroline Fourest et ses amies FEMEN ont eu plusieurs affrontements avec le groupe queer et antifa « Pink Bloc ». A tel point que la journaliste (et non l’ensemble des FEMEN, comme indiqué dans un premier temps), dût quitter précipitamment une manifestation de soutien au mariage pour tous, sous la pression d’activistes (cf. Inna, C. Fourest, Grasset). C’était en janvier 2013.

Un article paru en Belgique l’été dernier soulève la question d’une dérive sectaire. Quand par exemple la journaliste Ann-Sofie Dekeyser, infiltrée dans le mouvement, souligne la pression qu’elle a ressentie pour se faire tatouer, et la peur. Il s’agissait de faire inscrire sur son corps le mot liberté en ukrainien…soit « Svoboda » (nom courant du parti d’extrême-droite).

Enfin, un repliement sur l’Ukraine semble exclu. Le tronçonnage d’une croix en août 2012 y a achevé leur isolement.

En France, leurs provocations contre l’Eglise, à la veille d’élections municipales dont on sait combien elles sont empreintes d’électoralisme, a fragilisé leur position au sein du PS ; mais dans le même temps redonné du grain à moudre à leurs meilleurs ennemis : l’extrême-droite catholique.  La susceptibilité de cette mouvance (une manifestation anti-FEMEN est prévue) constitue peut-être un de leurs derniers espoirs pour ne pas retomber dans un certain oubli.  La victimisation est en effet un des ressorts essentiels de leur développement.

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  • Islamophobie et réseaux néoconservateurs. L’histoire cachée des FEMEN (3/3)

21 réflexions sur “Islamophobie et réseaux néoconservateurs. L’histoire cachée des FEMEN (3/3) (Màj)

  1. Enquête intéressante, mais il semble qu’il manque une analyse plus haute pour voir la cohérence profonde du phénomène Femen. Que Femen Occident n’ait plus rien à voir avec Femen Ukraine n’a rien de bien étonnant, les contextes étant différents. Il semble pourtant bien qu’il y ait une profonde unité idéologique derrière ces divergences. (d’ailleurs, dans tous les cas, l’agenda néo-conservateur n’a rien à reprocher au Femen…)
    A ce titre, la reprise de la citation : « Le conflit auquel nous assistons n’est pas un conflit de religions ou de civilisations. C’est un conflit entre deux opposés, entre deux époques. C’est un conflit entre une mentalité qui appartient au Moyen-Âge et une autre qui appartient au 21ème siècle. » est on ne peut plus limpide.
    Effectivement, on est en plein conflit des anciens contre les modernes. Dans ce cas, la droite « véritable », réactionnaire par principe, ne voit rien de nouveau entre le phénomène Femen et tous les phénomènes équivalents qui jonchent l’histoire de la modernité occidentale.
    Par contre, pour un observateur de gauche, dont il semble que vous fassiez parti, il y a un brouillage, puisqu’il s’agit d’une modernité face à une « post-modernité ». D’où un certain brouillage idéologique.
    On a eu le même exemple de confusion, à mon sens, lors de la joute entre Barroso et la gauche française à propos de l’exception française, Barroso reprochant, à raison, à la gauche française d’être réactionnaire, puisque pour ce cas d’espèce, la gauche se comportait de manière nationaliste, et donc réactionnaire, quand Barroso reste de manière cohérente dans la gauche internationaliste.
    Un autre signe est l’évolution du FN en France, qui reste le parti le plus réactionnaire dans l’éventail politique français, mais qui tient désormais un discours néo-gaulliste. Il y a bien une translation vers la gauche de tous les partis, et désormais, l’extrême droite tient un discours qui aurait été un discours de gauche il y a 40 ans (cf le PC de Georges Marchais). La réaction, par définition, a toujours un train de retard. Pendant que la gauche est de plus en plus socialiste, et de moins en moins républicaine, laissant la République, historiquement datée, au FN ou à Debout la République, l’UPR etc, soit la droite populiste ou la droite groupusculaire.

    Dans tous les cas, une analyse Extrême Droite-Droite-Centre-Gauche-Extrême Gauche ne peut conduire qu’à des incompréhension, le curseur évoluant lui même dans le temps, la gauche d’hier devenant la droite de demain.
    Il est plus éclairant d’avoir une analyse principielle. Et pour cela, définir qu’elles sont les principes fondamentaux du progrès et de la réaction, pour ensuite les appliquer à tel ou tel phénomène, pour le définir ensuite. C’est tous le problème de l’analyse des idéologies progressistes, puisqu’elles semblent toutes avoir des principes différents, si on reste sur une analyse politique et non métaphysique.

    • c’est presque cohérent, mais tu confond gauche et globalisation. « gauche » ça veut dire plus d’égalité. Le socialisme ça veut dire égalité, démocratie, internationalisme. Or ce qu’on observe maintenant c’est le libéralisme : inégalité, disparition du social, globalisme. Effectivement le PS fait partie de ce camp, tout comme l’UMP et probablement le FN (j’y reviens après). Donc malgré les apparences, plutôt cohérentes que tu décris, le champ politique se déplace vers la droite. Il y a 100 ans, les communistes étaient révolutionnaires et pas républicains, et les « antécédants » du PS bien plus sociaux. Le PS maintenant, c’est la droite de Giscard.

      Donc où est l’erreur dans ton discours ? Il y en a deux. La première, de se placer dans un champ politique dont la principale composante c’est l’opposition modernité/moyen age (pourquoi moyen age et pas antiquité, tiens ? ferais-tu partie de la droite chrétienne et pas de la droite paienne, ce qui te ferais t’énerver contre les neo nazis comme les femens ?).

      La seconde c’est de poser gauche = globalisation et république = national. Et ça malgré tes racines chrétiennes, c’est très marqué extreme droite. La globalisation et l’internationalisme, ce n’est pas pareil. Dans la première, les marchandises et les capitaux circulent normalement, les personnes sont restreintes. Dans la seconde, les personnes et les marchandises circulent librement mais les capitaux n’existent plus. Donc le PS, l’UMP et le FN (j’y viens) sont globalistes, le point principal dans tout ça étant celui que tu oublie, les capitaux, la finance, les banques, l’argent, …

      Y-a-t-il une incompatibilité entre globalisation et nationalisme ? C’est une question qui s’est déjà posée mille fois dans l’histoire. La meilleure réponse jusqu’à présent, c’est « le nationalisme de l’oppressé n’est pas équivalent au nationalisme de l’oppresseur ». Ce qui veut dire qu’il y a des nationalismes de libération, de résistance (le gaulisme des années 40, mais paradoxalement aussi le FLN, … tous ceux qui se sont soulevés contre l’oppression avec leur pays pour étendard) et des nationalismes oppresseurs (l’Algérie française, le sionisme, l’extrême droite, … ). Les premiers ont pour but l’indépendance, donc la fin de l’oppression, les seconds ont pour but d’empêcher l’indépendance, ou l’égalité, d’une partie de la population, sur des considérations ethniques ou culturelles.

      Aujourd’hui la globalisation n’est PAS incompatibles avec les nationalismes identitaires. Plus quelque chose disparait, plus on le porte en idéal (rappellez-vous Rimbaud). Les identités, les folklores locaux, se développent de plus en plus au fûr et à mesure que l’état nation disparait (d’ailleurs l’état nation cherchait à gommer ces identités). Dans le discours et le déguisement, parce qu’en fait elles disparaissent. Exemple, un hooligan, qui est le même que dans tous les autres pays, et qui est un produit de la modernité (même s’il a un comportement religieux très païen et très ancien), s’identifie à la teinture du coton de son écharpe, ALORS qu’il exactement la même écharpe que tous les autres hooligans du monde ! Voilà le nationalisme du FN, le même capitalisme dans tous les pays, le même nationalisme, mais des couleurs différentes, qui justifient de mettre les mêmes arabes dans les mêmes prisons ! Contre exemple, moi je me sens français, j’ai pas besoin de me coller un drapeau sur le front, je suis déjà français.

      On a vue quelle est la différence entre internationalisme et globalisation. Quelle est la différence entre nationalisme et internationalisme ? L’internationalisme, c’est une lutte de resistance contre l’oppression globalisante du capital, mais qui a pour but la libération de tout le monde. Si mon pays se libère du capital, c’est pour créer l’égalité entre tout ses habitants, sans discriminations de couleur, de religion ou de culture. C’est aussi penser qu’après m’être libéré moi, je dois libérer mes voisins (comme dans les jeux d’enfants), sinon le chat me rattrapera très vite. Le meilleur exemple c’est Cuba. Non content de s’être libéré de la dictature de Battista, des USA et du capital, il s’est battu pour délivrer le reste de l’Amérique latine, le Congo et (avec succès) l’Angola, ce qui a provoqué en retour la fin de l’apartheid en Afrique du sud. Tout en étant solidaire avec tous les pays et toutes les luttes du monde. Aujourd’hui encore Cuba entretien une flotille de médecins présents dans tous les pays du monde pour aider gratuitement les populations en besoin. Comprends-tu la différence entre Che Guevara, qui est mort pour des pays qui ne sont pas les siens, et De Gaulle, qui à peine libéré de l’Allemagne opprime l’Algérie (sétif) ?

      Je ne t’en veux de ne pas saisir ces subtilités, même à gauche, c’est pas très bien compris. La gauche ce n’est pas seulement l’internationalisme matérialiste et égalitaire. C’est aussi le Fabianisme, son ésotérisme et sa sexualité qui passent avant tout (le capital, l’égalité). Et nous mène à la dictature de 1984 aussi sûrement que la droite nous mène au meilleurs des monde. La différence entre Orwell et Huxley est d’ailleurs très proche de notre sujet. Le premier est un resistant, le second prépare l’oppression future. Comme il y a une partie de la gauche qui a collobaré (sous pretexte d’ouverture sexuelle déjà à l’époque), il y a aussi une partie de la droite qui a résisté, par nationalisme. L’histoire se répète, les hommes se ressemblent, malgré des lieux et des époques différentes, CQFD 😀

      • On est à peu près d’accord, sauf sur le point de départ, ce qui change tous le raisonnement.
        Quand je parle de gauche, je ne fais pas le tri entre ce que les gens de gauche voudraient qu’elle soit, et ce que l’oligarchie fait qu’elle est.
        La différence fondamentale entre « droite » & « gauche », c’est la question du progrès. Pour la réaction, l’histoire est une chute, pour la gauche, non, il y a un progrès, même s’il est discontinu.
        Penser de manière progressiste revient à considérer que l’Homme, au fil de l’histoire, se prend en main de façon progressive. Que ce soit Huxley ou Orwell, dans les deux cas, ce n’est que l’accomplissement de la prise en main de l’Homme par lui-même, qui conduit inéluctablement à la soumission de l’Homme à la société. A ce titre, des auteurs fondamentalement de droite (Huxley me paraît un opposant, à la différence de son frère).
        Que le matérialisme conduise à un plus grand égalitarisme, ou à une explosion des inégalités, dans les deux cas, la société prend de plus en plus le pas sur l’individu (cf URSS ou USA).

        Je suis bien conscient de ne pas être capable d’avoir un esprit aussi subtil que le votre, je vous remercie d’ailleurs de votre condescendance, mais quand je dis qu’il faut élever l’analyse d’un cran, c’était bien pour éviter de retomber dans un discours tel que le votre, qui veut absolument rester au niveau matériel.

        Pour information, le libéralisme, j’aimerais assez savoir où il est aujourd’hui en occident. En régime libéral, l’essentiel des banques, assurances & États occidentaux auraient fait faillite, par exemple. Je manque peut être de subtilité, mais je n’ai pas l’impression que ce soit le cas sauf pour des cas marginaux (Lehman, cela ressemble surtout à l’éviction d’un concurrent de GS).
        Que le régime d’économie administrée (soit la domestication de l’économie par l’Homme, à la différence d’une économie libre, laissée à la nature (distinction droite/gauche)), soit aujourd’hui au bénéfice d’une minorité de très riches plutôt qu’au profit du prolétariat est bien la preuve que votre conception droite/gauche, même si elle se veut plus fine, reste engoncée dans la lecture classique que vous faites mine de rejeter.
        Je considère, à la différence de la gauche, que la soumission de l’Homme à la société est une aliénation que cette soumission soit au profit de milliardaires ou au profit d’une nomenklatura d’intellectuels léninistes.
        Même l’ultra-gauche commence à comprendre, cf la suite des situationnistes. cf Francis Cousin, aujourd’hui. Sauf que ça tourne en rond, puisqu’on ne peut sortir du postulat de départ initial, matérialiste. On se retrouve à vouloir recréer une métaphysique, mais de manière matérialiste.
        Ce qui est, par définition, impossible. D’où l’effondrement sur lui même de la pensée moderne aujourd’hui, droite & gauche confondues.

  2. Merci pour l’étude.
    Ca donne du grain à moudre pour une analyse globale des autres partis d’extreme droite sur le plan européen.
    Ce qui paraissait être un mouvement de gauche-nationaliste ukrainien se retourne pour devenir pan-européen et anti islam.
    La question de l’immigration a toujours été centrale, mais les philosophies des femen étaient motivées par d’autres facteurs marxistes: « une oligarchie communautaire qui domine la politique du pays et qui se sert de l’immigration pour tirer les salaires vers le bas ». C’est exactement la même vision des choses défendues par le FN en France, « l’extrême droite anglaise » et le parti d’extrême droite autrichien.
    Ces partis ne pouvant survivre qu’avec des fonds de soutiens étrangers (rapport de la douma 2012 sur le financement des ONG qui reverseraient des sommes à des organisation locales) ont décidé de cibler leur discours exclusivement sur la population musulmane.
    L’euro-atlantisme en arrière-fond de ces discours montre le but du projet tout en mettant en place le plan de clash des civilisations (islam-chrétienté).
    C’est un piège constant tendu contre les peuples européens dans lequel les politiciens se hâtent de plonger en croyant soit déstabiliser la Russie pour des raisons géopolitiques ou pousser à l’émergence de valeurs post-libertaires…
    Encore merci pour ces articles fondamentaux dans la compréhension des réseaux d’influence!

  3. Quand j’ai lu les Hommen et Antigones « d’extrême droite » je me suis dit la personne qui écrit cela parle de quelque chose qu’elle ne connait pas.

    Dommage l’article semblait suivre une enquête sérieuse…

    • Du point de vue de l’auteur, ce n’est pas forcément faux. Et cela vient d’un réactionnaire !
      Il faut comprendre le point de vue de la partie adverse si on veut être capable de discuter plutôt que de s’invectiver.
      Factuellement, l’enquête sur les Femen est l’une des plus approfondies que j’ai lu, même si, effectivement, je n’en tire pas les même conclusions, puisque nous divergeons sur certains définitions & concepts.
      Mais ce serait bien, pour les personnes qui sont sincèrement de gauche et qui veulent sincèrement comprendre ce qu’il se passe, d’éviter les amalgames envers la droite qu’ils veulent qu’on évite quand on critique leur idéologie. D’autant que ce sont ces raccourcis & amalgames qui les empêchent de comprendre le mouvement actuel de la pensée. Ce qui, tactiquement, ne peut que ravir un réactionnaire comme moi d’ailleurs. Nous n’aurons pas à combattre pour reprendre le pouvoir, juste à nous baisser pour le ramasser tranquillement.

    • Hommen ça ressemble beaucoup à de l’extreme droite. Faudrait creuser, mais de leur site, quand même beaucoup.

      Antigone à l’air plus interessant.

      J’en sais pas plus, mais vu d’ici …

  4. Monsieur Pechter

    Si vous souhaitez aller plus loin dans l’investigation, j’aimerai que vous relisiez le récit d’Éloise Bouton sur sa « performance » à l’église de La Madeleine en décembre dernier paru dans le Nouvel Observateur.
    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1100316-lettre-ouverte-d-une-femen-au-papa-noel-pere-horaist-pas-de-mensonge-cette-annee.html

    Il m’a semblé assez étrange que ce que beaucoup qualifient comme une profanation (comme certainement Éloise Bouton, comme moi d’ailleurs qui ai du respect pour tous les lieux de culte quelque soit leur confession mis à part les sectes dont on ne s’occupe pas assez) n’ait pas été d’abord annoncée sur le site des Femen et ce, justement pour attirer les journalistes.

    En effet dans son récit, Éloise Bouton évoque la présence des caméras de l’AFP, mais personne ayant pu être choqué par cet « avortement » ne semblait être là pour l’empêcher de continuer.

    Ayant parcouru tous les sites d’information « mainstream », un nom, celui de Thomas Samson, revenait sans cesse dans les crédits photographiques relatant cette « information » qui me semble avoir été montée de toute pièce avec le concours de l’AFP (elles avaient déjà la participation de l’inénarrable Caroline Fourest de Charlie Hebdo, France 2 et France Inter).

    Sur le site Femen traitant de ce fait, la photo de cette « performance » est la seule à être véritablement créditée par un pseudonyme.

    J’ai eu la grande surprise en cherchant cet individu sur internet un article pour le moins cocasse.
    http://www.lepoint.fr/societe/le-fn-refoule-un-photographe-de-l-afp-pas-assez-flatteur-14-12-2012-1581452_23.php

    Ayant quelques connaissances en art contemporain, je ne crois pas que le but de ceux qui voulaient laisser une trace des performances d’un artiste comme Joseph Beuys souhaitait que les films et les photos soient esthétiques.
    Je savais déjà que Libération aimait les images assez esthétiques, mais je crois sincèrement que l’objectivité d’un journaliste n’est pas d’être plus inspiré par une femme que par une autre pour ses idées, ou alors on s’est trompé de vocation.

    Cordialement

    M. F

    • Pas sûr d’avoir tout compris. Il faut savoir en tout cas que d’une façon générale, FEMEN est un mouvement qui la joue parano et « clanique », qui aime à travailler avec ses amis.

      Mais si un photographe « ridiculise » à l’occasion Marine Le Pen, ce n’est, de mon point de vue, qu’un rétablissement de balance (certes puéril) face à la normalisation tout azimut à laquelle nous assistons depuis des années de la « peste blonde », selon l’expression affectueuse du mensuel Causeur…

  5. Curieuse la conclusion de cet article. Elle laisse penser que les seules personnes qui sont choquées par les agressions des Femen à l’encontre des catholiques sont d’extrême-droite (Donc les dirigeants de l’église catholique sont forcément d’extrême droite puisqu’ils ont réagit à l’attaque des Femen à la Madeleine par exemple).
    Je trouve ces propos violents car ils nient de fait tout simplement la souffrance de l’autre face à l’agression, la victime devient le bourreau. Ah ! La bonne vieille dialectique marxiste…
    Relisez la fable du loup et de l’agneau !

  6. J’ai trouvé la lecture de ce texte intéressante pour mieux connaître l’histoire des principales « têtes » de FEMEN. Toutefois, il y a là beaucoup d’hypothèses difficiles à démontrer. Par exemple, une photo de deux personnes dans une manifestation ne font pas d’eux des « camarades » de luttes. Ça fait d’eux des camarades de manifestation sur un enjeu précis (puisque les manifestations se font sur l’enjeu et non sur les idéologies; on peut d’ailleurs parfois se retrouver parmi des non-camarades et ça génère des manifestations malaisantes). À aucun moment on ne voit sur les photos une FEMEN faire un signe nazi ni participer ouvertement à une action/réunion nazie. Pour ce qui est de l’hébergeur en ligne et de (donc) son influence sur les FEMEN ou (donc) un lien entre l’idéologie de l’hébergeur véhiculée par ses propres propos/actions (facebook, blogue, emploi, etc.), ça me paraît mince comme corrélation. Ça peut tout à fait être vrai comme ça peut tout à fait être faux. Et le texte contenant des propos fascistes qui aurait été relayé par FEMEN est dans une traduction épouvantable où on n’y comprend pratiquement rien… et c’est de ça dont vous tirez la preuve des « mots » qui auraient été écrits et que vous « citez ». C’est une preuve dans un état lamentable, mais elle n’est pas de première source puisqu’elle a été reprise à votre compte. Pourquoi ne peut-on pas avoir une capture d’écran alors qu’il est si simple de le faire? Ou un enregistrement pdf de la dite page? Donc, c’est une « preuve » que l’on doit malheureusement rejeter faute d’avoir une traduction meilleure et une copie de la première source où on pourrait, ou non, retrouver ce discours.

    Ainsi, à part des alliances temporaires opportunistes, rien ne peut nous laisser croire, à la lumière des preuves que vous amenez, que FEMEN a choisi la cause des femmes par hasard (et opportunisme) dans une perspective commerciale (comme on se partirait en affaires?). Toutefois, est-ce que FEMEN poursuivrait un but raciste (plus encore que féministe, le féminisme serait alors instrumentalisé à des fins racistes)… peut-être, il faut s’en méfier.

    À mon sens, la plus grande critique que l’on peut faire à FEMEN est d’employer des attitudes et langages de domination contre certaines femmes (les musulmanes, par exemple) dans le but de les libérer… ce qui est, à mes yeux, en fonction du féminisme auquel j’adhère, un féminisme de l’ici/maintenant, un non-sens.

    Pour ce qui est de vos critiques de l’opportunisme de FEMEN et de ses tactiques médiatiques (qui me semblent être le fil directeur des 3 parties de cette « histoire cachée », votre cheval de bataille), je ne les comprends pas. Il y a quelque chose de naïf à penser qu’on peut faire les choses sans les moyens (médiatique, notamment, mais également financier) disponibles. Saisir une main tendue, tirer partie d’un réseau de connaissance pour obtenir un interview, un article de fond, etc., accepter un montant d’argent provenant d’un groupe dont on ne partage pas les idées sont des pratiques courantes, du moins, de ce que j’en sais dans le milieu étudiant québécois et dans la politique parlementaire québécoise). Quand on critique la société de manière virulente, on doit se rabattre sur les groupes influents/puissants/en moyen qui pourront accepter ce discours et on se voit obliger de négocier une certaine acceptabilité. On peut aussi avoir subi des influences au fil des rencontres et des actions… modifier son discours n’est pas mauvais en soi, surtout quand le groupe se crée une nouvelle cellule dans un autre pays (un autre contexte, d’autres revendications).

    Enfin, le positif de votre article, c’est la forte présence de femmes actives. C’est très rare de voir autant de « personnages » féminins dans un article traitant de luttes politiques, et des personnages féminins qui agissent!

    Ici, je regarde le mouvement FEMEN débuter au Québec et recevoir les mêmes critiques que partout ailleurs (islamophobie, racisme, critique de la nudité et des moyens utilisés). De mon côté, je ne peux m’empêcher de saluer la présence d’une groupe féministe éclatant dans le féminisme québécois tranquille (et, disons-le, vieillissant). J’ai envie de leur laisser leur chance et de ne pas les condamner tout de suite à cause d’un passé international brumeux auquel je n’ai pas accès puisque je ne pourrais savoir quelle source est fiable et laquelle ne l’est pas. Je suis condamnée, et pour mon bien je crois, à devoir juger par ce qu’elles feront/diront ici.

    Un dernier mot sur la critique de l’Islam faite par les FEMEN. Dans votre article, vous confondez peut-être Islam (intégrisme) et religion musulmane (religion contenant une palettes de possibles de croyances et rituels). Que FEMEN dénonce l’intégrisme ne me choque pas. Il faut pouvoir dénoncer les violences dont sont victimes toutes les femmes et il ne faut surtout pas relativiser en expliquant par la culture ou les croyances ce qui appartient aux inégalités de sexes formalisés par une culture ou une croyance donnée. Cela dit, il reste que, en tant que personne n’appartenant pas à la culture visée, il est très très très difficile de prendre position clairement et de tenir un discours exempt de toute forme de racisme ou de xénophobie. Le fait est que nous sommes nécessairement un point de vue extérieur et qu’il faut se limiter à en parler ainsi. Je crois toutefois que des femmes de culture arabe ont participé à des actions FEMEN. Partir et soutenir leurs points de vue est pour moi une solution gagnante. Cependant, il se peut que les activistes de FEMEN aient tenu des propos racistes, ce qu’il est juste de condamner. Mais en condamnant le racisme et la xénophobie, on se trouve sur l’autre versant de la lame tranchante : il faut éviter de banaliser tout sexisme et toute forme de violences sexistes faits sous le couvert de la culture/religion. C’est comme un funambule qui marche sur un fil…

    • L’article montre des photos de femme-FEMEN condamnant le facisme par une action d’éclat qui utilise le signe très clairement compris par tlm qu’est le salut nazi. C’est de la dénonciation, pas de l’adhésion. C’est l’inverse de votre thèse, pas un appui.

      Et l’auteur, choqué par le fait d’uriner en public (ce que les hommes font partout sans que ça ne choque personne) et par le fait de voir des femmes nues qu’il juge « obscène » tandis que les femmes nues d’Afrique ne le serait pas (venez m’expliquer ce que ça change! c’est presque du racisme par exotisme ahah! – dans le sens que la nudité est correcte seulement chez les peuples dits « primitifs » mais que tout peuple civilisé devrait la condamner et la juger obscène).

  7. Bonjour monsieur pechter, je me permet de recopier un commentaire que j’avais mis sur la version de votre article sur le site du grand soir:

    Bonjours, j’ai découvert votre article par l’intermédiaire d’un lien et je le trouve très intéressant et bien documenté.

    Je serai curieux de savoir combien de temps ça vous a pris de réunir autant d’information si détaillées et par quel biais ces photos d’archives ont été trouvées. J’ai l’impression que seul une personne relativement proche de la leader des femen pourrait faire le lien entre ce photos d’archive aussi anodine.

    D’autre part j’ai juste une remarque. Le sens des mots est très important pour moi et je pense que vous devriez être très prudent quand vous parlez d’extreme droite ou d’islamophobie. Je pense même que la confusion autour de ces termes est tellement grande que vous ne devriez même ne jamais les employer.

    L’islamophobie est un mot forgé par des spins-doctors musulmans à tendance islamiste pour mélanger allègrement plusieurs phénomènes :
    * Le racisme en vers les arabes
    * La xénophobie que peuvent subir les gens de culture musulmane
    * Les critique de la religion musulmane dans ses textes et ses traditions

    Le but du mot islamophobie est de discréditer tout ceux qui osent critiquer l’islam en les faisant passer pour des racistes même quand leur critique est intellectuellement honnête et appuyée sur des texte issus de la tradition musulmane.

    Et à ce titre je trouve dommage que vous dénonciez le piège du mensonge des femen pour tomber dans celui des islamistes

    De la même manière le mot extrême droite est utilisé pour mettre dans le même sac :
    * Des suprémacistes racialistes
    * Des nationalistes
    * Des opposants à l’union européenne (en France)
    * Des catholiques conservateurs
    * Des personnes qui disent que l’immigration pose des problèmes (y compris ceux qui étayent leur point de vue avec des données concrètes)
    * Des personnes qui sont antisémites
    * Des personnes qui disent qu’il existerait une mafia financière juive mais qui n’accusent pas tous les juifs d’en faire partie ou même d’approuver l’existence ou les comportements de cette mafia
    * Des néonazis
    * Des révisionnistes de la seconde guerre mondiale
    Et la liste pourrait s’allonger

    Les point que je vous cite ci dessus sont des problèmes différent qui demandent des solutions différentes et qui donc ne devraient pas être désignés par le même terme.

    Si vous êtes en désaccord avec moi, même partiellement pouvez-vous me dire comment vous définissez les termes suivants:
    * islamophobie
    * Extrême droite
    * Néoconservateur
    * Nationaliste.

    Et autre remarque :

    Political technology, kezako ? Il s’agit de la manipulation politique poussée à son extrême. Les outils pour ce faire nous sont familiers : storytelling, désinformation, « triangulation »… Mais l’usage étendu et intensif qui en est fait dans les pays d’ex-URSS, où il s’agit d’une véritable petite industrie, nous est inconnu. Dans la plupart des cas, il s’agit de manoeuvres d’un pouvoir autoritaire pour se maintenir en place, via la tromperie.

    J’ai au contraire l’impression que nous avons exactement la même chose en France et depuis longtemps. Et peut être même en plus subtil, donc beaucoup plus destructeur.

  8. Bravo pour votre article.

    On s’en doutait en voyant les soutiens des FEMEN en France que c’était un mouvement(essentiellement médiatique) néo-conservateur et pro-israelien qui propage la théorie de l’extrême droite américaine et israelienne du « choc des civlisations ».

    Parmi les soutiens:Caroline Fourest(adorée des mouvements pro-israeliens en France), Charlie Hebdo(passé maitre dans la propagande « choc des civlisations »),Philippe Val,Patrick Klugman,leur avocat,membre de la direction du CRIF auteur d’un livre au titre explicite « le sionisme expliqué à nos potes,BHL,etc.

    Il suffit de voir comment FEMEN est adoré par des islamophobes qui ne voient aucun mal à ce que l’une des dirigeantes des FEMEN explique que le patriarcat en Ukraine est due à la « mentalité arabe » dans un pays où les Arabes n’ont jamais été au pouvoir….

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